Mission Haardt-Audouin (1922-1923)

Mission Haardt-Audouin (1922-1923)
Dans les années 1920-1930, André Citroën lança ses voitures durant des raids à travers les régions les plus inhospitalieres du monde dont Citroën avait compris les interets economiques qu'ils représentaient. Je vais donc consacrer une série d'articles à ces raids.



Le premier fut la mission Haardt-Audouin:

Partis de Touggourt (Algérie), George Marie Haardt, Louis Audoin-Dubreuil et une équipe de 10 personnes dont plusieurs militaires et un géographe, relient Tombouctou (Soudan) en 20 jours. Mais qu'est-ce qui a pu pousser ainsi ces hommes à l'assaut d'une région réputée parmi les plus inhospitalières de la planète ?

Une grande idée, tout simplement. A l'issue de la première guerre mondiale, le projet d'une liaison sûre et rapide entre la France Métropolitaine et l'Afrique Equatoriale séduit coloniaux et les industriels et trouve un écho très favorable dans les milieux militaires et scientifiques. Une grande idée que l'automobile rend enfin possible. Confiant dans son matériel, André Citroën est quant à lui persuadé que cette liaison peut se faire en 20 jours à peine : L'histoire lui a donné raison.

Avec 5 véhicules Citroën à chenilles Kégresse, les membres de la "mission Haardt-Audouin" effectuent la première liaison directe entre l'Algérie et l'Afrique occidentale française. C'est en grande pompe, le 7 janvier 1923 que le premier courrier transsaharien automobile est remis au commandant de la région de Tombouctou, le colonel Mangeot.

En entrant au Soudan, juste avant Tabankor, un incident se produit. Par son étrangeté, il marquera les membres de l'expédition de Haardt et Audouin. Voyant que les deux dernières voitures du convoi ont quelque peine à suivre le rythme, une fusée est tirée pour leur signaler la position des autochenilles de tête. Stupeur ! Le fumigène, en retombant sur le sol, met le feu aux herbes desséchées. Impossible d'éteindre l'incendie.

Le feu se propage, obligeant les chauffeurs à se mettre en route pour ne pas être pris au piège des flammes. La savane devient rouge, faisant fuir les bêtes, jusque là invisibles. Les cinq véhicules se tirent d'affaire indemnes et reprennent leur marche victorieuse vers Tombouctou. Un sacré brin de chance!

Les 5 véhicules de l'expédition avaient chacun un nom. "Scarabée d'Or", "Croissant d'Argent", "Tortue Volante", "B½uf Apis" et "Chenille Rampante"... les grands explorateurs sont aussi capables d'imagination et de poésie ! ...

Comment est née l'idée de la chenille qui équipait les voitures de l'expédition ? Depuis janvier 1921, les usines Citroën fabriquaient des voitures d'un type nouveau équipées de bandes de caoutchouc sans fin qui permettaient de circuler hors des routes, sur des terrains variés. Cette trouvaille géniale était née de l'imagination d'un ingénieur de talent, Adolphe Kégresse. C'est lors d'une démonstration sous les yeux d'André Citroën que celui-ci, séduit par l'idée de produire des véhicules capables de se mouvoir sur des terrains instables tout en roulant sur les routes à 40/45 km/h, pris conscience de l'importance de cette invention. On sait le chemin qu'elle a fait depuis !

# Posté le lundi 16 juin 2008 12:43

Modifié le lundi 16 juin 2008 14:06

Mission Haardt-Audouin (1922-1923)

Mission Haardt-Audouin (1922-1923)
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# Posté le lundi 16 juin 2008 12:44

Modifié le lundi 16 juin 2008 13:01

Croisière Noire (1924-1925)

Croisière Noire (1924-1925)
Une grand'route pour la « Grande île »Avec la traversée du Sahara deux ans auparavant, Haardt et Audoin avaient apporté la preuve que l'automobile était bien le moyen de locomotion idéal pour relier l'Afrique du Nord à l'Afrique occidentale. Déjà, certains voient plus loin... C'est ainsi que Gaston Doumergue, Président de la République Française, évoque un jour devant André Citroën et Georges Marie Haardt l'intérêt d'une liaison régulière entre les colonies africaines et Madagascar, territoire français isolé dans l'océan Indien.

Quelques mots lâchés au hasard d'une conversation vont donner naissance à la "Croisière Noire" : une expédition qui demandera plus d'un an de préparation, suscitera un engouement inouï tant du public que des milieux scientifiques, artistiques et économiques et fera parcourir à 8 autochenilles équipées d'un dispositif de propulsion Kégresse avec bandes de roulement en caoutchouc, plus de 28 000 kilomètres, à travers l'Afrique, à partir de Colomb-Bechar.

Georges Marie Haardt traversera ainsi avec son équipe (composée de 17 membres est dirigée par Georges-Marie Haardt qui a pour adjoint Louis Audouin-Dubreuil. En font également partie pour le filmage Léon Poirier, réalisateur et Georges Specht opérateur, Eugène Bergognier, ancien professeur à l'école de médecine d'Afrique occidentale, Charles Brull pour la minéralogie et géologie et enfin le peintre Alexandre Iacovleff.)l 'Algérie, le Niger, le Tchad, l'Oubangui-Chari, et le Congo Belge. A Kampala, leur colonne se scindera en quatre groupes qui rallieront l'océan Indien et Tananarive, chacun par un itinéraire différent (Mombasa, Dar-Es-Salam, Mozambique et Le Cap). Partout, ils rencontreront un accueil délirant.

Sur leur route, les membres de l'expédition font bien des rencontres pittoresques. Celle avec le sultan de Maradi, en plein territoire Peuhl, vaut d'être racontée. Le "serki" Moussa, c'est son nom, vient au devant des autochenilles, escorté de ses janissaires et musiciens. Moussa a épousé quatre... ou bien est-ce cinq... il ne sait plus très bien, des 67 filles de Barmou, sultan de Tessaoua. Le vieux Barmou est célèbre dans toute la région car il entretient un harem de 100 femmes !

Saviez-vous que les véhicules de la Croisière Noire ont été baptisés ? "Scarabée d'Or", "l'Éléphant à la Tour", "Soleil en marche", "Escargot ailé", "Croissant d'Argent", "Colombe" (qui portait bien son nom puisqu'il s'agissait de l'infirmerie et de la "popote"), "Centaure" et "Pégase". Il fallait bien cela pour descendre à l'autre bout de l'Afrique.

Profitant du passage de la mission Haardt, les administrateurs belges stimulèrent le courage de la population locale accourue des quatre coins de la forêt équatoriale, pour ouvrir une voie dans l'enchevêtrement de lianes et de troncs. Quarante mille indigènes participèrent à cet ouvrage colossal. Où trouvèrent-ils leur motivation? Tout simplement dans le bruit que firent courir les administrateurs belges selon lequel des envoyés de "Boula-Matari" (surnom donné autrefois à l'explorateur britannique Stanley) devaient arriver. Or, pour ces populations, Stanley était considéré comme un prophète venu leur annoncer une ère nouvelle. Pas étonnant qu'ils aient mis autant d'ardeur à la tâche !

On peut aussi noter que le film muet de 70 mn sorti le 2 mars 1926 connu un très grand succès.

# Posté le lundi 16 juin 2008 13:00

Modifié le lundi 16 juin 2008 14:06

Croisière Noire (1924-1925)

Croisière Noire (1924-1925)
Sur les rives du lac Bahr Ligna
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# Posté le lundi 16 juin 2008 13:09

Croisière Noire (1924-1925)

Croisière Noire (1924-1925)
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# Posté le lundi 16 juin 2008 13:10